12-08-08

Belgique: Les rapports entre la mafia et la politique


Le parquet de Turnhout étouffait non seulement le réseau pédocriminel de Zandvoort...

N_070109_VanParysM_bLeterme


Ce n’est que trois semaines après le début de l’instruction, qu’une perquisition fut exécutée au siège de l’intercommunale CIPAL (Centre Informatique de la province d’Anvers et du Limbourg) à Geel.
Les personnes visées ont eu le temps d’effacer les traces. Walter Hartman, l’homme qui a dévoilé les faits: « C’est une scène de "Matroesjka’s" », une série à la chaîne commerciale VTM sur la traite de femmes. Miel Charlier, ex-chef du service achats de l’intercommunale CIPAL, déclarait à la justice qu’il avait été, lors d’un voyage en Moldavie, abordé par quelqu’un qui lui offrait de lui livrer des prostituées au prix de € 2.000 par femme. Ses deux complices ont proposé d’ouvrir un bar avec un service escort. L’un d’eux était prêt à le faire gratuitement. « Son avantage était qu’il pouvait se servir des femmes ».

Traite de femmes moldaves.

Au plus tard la semaine prochaine le parquet de Turnhout décidera d’aller en appel contre l’acquittement pour fautes de procédure des trois soi-disant trafiquants de femmes qui, à partir de l’intercommunale CIPAL, voulaient instaurer un réseau de trafic de prostitués moldaves. L’instruction dans ce dossier fut sérieusement gâchée, selon une investigation du journal De Morgen.

En 2003 Kamiel ‘Miel’ Charlier, l’ancien chef du service achats de l’intercommunale campine CIPAL, a, ensemble avec quelques collègues, essayé de mettre sur pied un commerce de femmes moldaves. Celles-ci seraient mises au travail comme prostituées de haut niveau, avec des ministres et politiciens comme clientèle.
Charlier a reçu de son contact en Moldavie les photos de 22 femmes. Il en a choisi trois, et a payé un acompte.
Mais avant que la « marchandise » ne soit livrée, une bagarre a éclatée. Walter Hartman, un collègue du CIPAL, avait découvert sur l’ordinateur de Charlier des e-mails assez étranges. Il a imprimé ces mails et les a fournis au parquet de Turnhout qui, après une hésitation, a commencé une investigation. Le résultat fut surprenant : la semaine passée le tribunal correctionnel de Turnhout a acquitté les trois soi-disant trafiquants de femmes pour « fautes de procédure » (DM 28/9). La raison: les droits de la défense ont été violés car les pièces à conviction (les e-mails de Charlier) ont été obtenus « illégitimement ».

« La criminalité triomphe », est la réaction de Hartman sur le verdict. « Si en Belgique on accuse quelqu’un pour des faits douteux, on est soi-même dupé. ».

La politique plane comme une ombre orageuse au-dessus de ce dossier. CIPAL, qui livre des services informatiques à des autorités locales, est un bastion notoire du CD&V, et Charlier fut un protégé de la direction de CIPAL dominée par le CD&V. Le coinculpé Filip De Graeve, qui a aussi travaillé un certain temps pour CIPAL, était directeur du département « e-gouvernement » ( gouvernement informatique) auprès de la Communauté Flamande et un collaborateur direct du ministre président d’alors, Patrick Dewael (Open VLD). Le troisième inculpé était Marc Vandervelden, un patron de café avec de bonnes connexions dans le milieu de la prostitution et un partenaire d’affaires du président de la section locale du CD&V à Halle.
Cela explique peut-être pourquoi au début le parquet de Turnhout a hésité. En outre, la lettre anonyme de Hartman (lui-même actif dans la politique locale du Open VLD à Olen) est arrivée dans les mains d’un « procureur de garde qui est en bonnes relations avec la direction du CIPAL », magistrat qui a immédiatement informé ses amis de ces charges explosives.
Selon le parquet, l’affaire n’a débuté que le 27 mars 2003, après une plainte de Hans Schoofs, alors membre du conseil provincial et commissaire chez CIPAL, et maintenant membre du parlement flamand pour l’Open VLD. Schoofs avait, lui aussi, reçu des lettres anonymes de Hartman avec des indications au sujet d’une magouille financière et la traite de femmes par des employés de CIPAL. Les avocats des accusés prétendaient cependant que l’instruction avait déjà débuté le 8 mars 2003, quand la première lettre anonyme tombait dans la boîte aux lettres du procureur de Turnhout. Selon eux, les pièces à conviction ont pendant trois semaines traînées au parquet avant d’être inclus dans le dossier. Le tribunal était au courant du dossier de Hartman, mais a gardé le silence. « Cette incomplétude viole les droits de la défense » était l’opinion du tribunal. « L’instruction est de ce fait nul ».
Pourtant, la rédaction a découvert d’étranges choses qui se sont passé dans les semaines entre le 8 et le 27 mars. Même avant que la justice ne soit officiellement en action, il semble que les protecteurs politiques des inculpés étaient déjà mis au courant. Le premier qui fut alarmé était Ludo Helsen, éléphant local du CD&V, député provincial, ex-président et administrateur secrétaire de CIPAL. Le 13 mars, à 23h30, il a téléphoné à Arthur Philips, directeur général de CIPAL, en disant que Miel Charlier était présumé impliqué dans une affaire de traite de femmes.
Le lendemain matin, Charlier, qui fut appelé chez Philips, déclarait, la main sur le coeur, qu’il n‘avait rien à faire avec des pratiques illégales. Dans une déclaration écrite, Charlier confirmait « être surpris qu’une grande société comme CIPAL avait dans ses rangs quelques collaborateurs si minables qu’ils interceptent des e-mails personnels et les interprètent de façon telle qu’ils peuvent défavoriser leurs collègues. Je vous déclare en outre sur mon honneur que jamais je n’ai fait entrer une personne illégalement en Belgique. J’espère que vous me jugez sur mon travail et mes prestations, et pas sur base de ragots illégitimes. »
Philips et le conseil d’administration l’ont cru sur parole. Le même jour, Charlier, de qui le contrat d’essai était terminé, reçut un contrat de travail avec durée indéterminée. Également le même jour, le « mail server » de CIPAL fut arrêté et les données épurées.

Le 24 mars, Jan Kerremans, chef de cabinet du ministre-président d’alors Dewael, prit contact avec Eric Stroobants (CD&V), le patron de l’administration flamande. Il l’informe que Filip De Graeve, un de ses employés, pourrait être concerné dans la traite de femmes. « Au début, Kerremans voulait m’ordonner d’ interroger De Graeve » déclarait Stroobants au tribunal. « Je ne pouvais être d’accord avec cela, et j’ai dit à Jan qu’à la fin ce n’était pas ma tâche mais celle des instances judiciaires. C’est la raison pourquoi j’ai moi-même, en fonction de mon grade, pris contact par téléphone avec mme Christine Dekkers, procureur général à Anvers. »
De Graeve a ajouté plus tard « que bien avant le contrôle au CIPAL il était informé par son chef, le ministre président Dewael, qu’une investigation était en cours contre lui au sujet de traite d’êtres humains. Dewael aurait été informé directement par le procureur général Dekkers. »

Quand enfin les enquêteurs de la police fédérale ont exécuté le 27 mars une perquisition au CIPAL, les personnes visées avaient eu pleinement le temps d’effacer les traces, de faire disparaître du matériel préjudiciable, Où d’exécuter des virements à effet rétroactif pour cacher des malversations. Le chef de l’Office Central pour la Répression de la Corruption a appris plus tard « que le CIPAL avait été averti d’une descente par la police  ».
Les preuves contre Miel Charlier étaient tellement écrasantes qu’il n’y avait d’autres solutions pour lui que d’avouer. Il déclarait à la justice que, lors d’un de ses voyages en Moldavie, il était abordé par un nommé Vladimir Saca qui lui proposait la livraison de prostituées en Belgique contre € 2.000 à € 3.000 par femme. « Parce que j’avais à ce moment des problèmes financiers, j’étais intéressé par cette proposition » avouait Charlier. « À ce moment-là, je ne savais pas du tout comment j’allais l’organiser en Belgique. J’ai parlé à De Graeve de cette proposition. De Graeve est bien fourni en testostérone et est plus intéressé par les femmes elles-mêmes, que par ce qu’elles pourraient rapporter. Nous ferions travailler les femmes pour nous. J’ai entendu parler De Graeve au sujet d’une de ses connaissances, Marc Vandervelden. Lui pourrait faire travailler les femmes dans la prostitution. Il ouvrirait avec un associé un bar et un service escort dans la région d’Alost Où de Ninove. Je gagnerai € 500 par mois et par femme. De Graeve n’avait pas besoin d’argent. Son avantage était qu’il pouvait se faire payer en nature par les femmes. »
Dans un message e-mail à Saca, Charlier écrivait : « Un de mes amis me demande quelque chose de spécial : il veut venir à Chisinau en Moldavie. Il demande si vous pouvez quelque chose avec un très jeune. Je sais que c’est morbide, mais il veut payer beaucoup d’argent. Il demande entre 8 et 12 et est prêt à payer mille par nuit. Es-ce que vous pouvez régler ceci ? »
Confronté avec le message, Charlier réagissait selon les investigateurs comme suite : « Il devient tout blanc, ne sait pas quoi dire, devient fâché, s’énerve et bégaye qu’on a essayé de le faire avoir. Il est convaincu que quelqu’un a envoyé ce message à partir de son ordinateur. Même quand nous lui faisons la remarque que le reste du message correspond avec son histoire, il continue à dire qu’on essaye de lui jouer un mauvais tour, qu’il ne connaît aucun pédophile, qu’il jure sur la tête de ses enfants qu’il ne l’a pas écrit et qu’il aurait immédiatement dénoncé à nos services celui de qui il savait qu’il s’occupait avec des choses pareilles. »
La position de Miel Charlier semblait intenable. Le 31 mars 2003, il fut licencié sans préavis pour implication possible dans des activités criminelles. En juillet 2003, et paraît-il sur demande expresse du président du VLD Bart Somers, ce fut au tour de De Graeve d’être renvoyé par la ministre VLD Patricia Ceysens, qui juste avant avait reçu la tutelle du e-gouvernement. Selon De Tijd « la décision se justifie par une performance moindre du site web l’autorité flamande tel qu’il a été remanié. Ceysens et De Graeve auraient aussi une opinion divergente sur la suite du projet e-gouvernement ».
Le 24 octobre 2003, celui qui avait sonné l’alarme, Hartman, fut licencié sans préavis par le CIPAL. Cela n’avait soi-disant rien à voir avec l’instruction au sujet de la traite de femmes, mais avec le fait qu’il avait enfreint les règles sur l’utilisation du registre national. Dans une de ses lettres anonymes, il y avait des informations provenant du registre national, un fait au sujet duquel un enquêteur avait, avec bienveillance, attiré l’attention du directeur général Philips, lors de son interrogatoire. Ce dernier a gracieusement fait usage de la suggestion. « Vous attirez mon attention sur le fait que dans les annexes sont mentionnées les ’informations légales’ » déclarait Philips, « informations qui vraisemblablement ont été collectionnées à l’aide du registre national et au sujet duquel vous estimez que cela ne pourrait se faire. Je partage complètement votre avis. Seulement une dizaine de membres du personnel ont, en fonction des projets, accès au registre national. L’information ainsi collectée ne peut cependant être utilisé que pour ce projet. Celui qui a reproduit ici les données personnelles a clairement fait une faute. Si c’est une personne de CIPAL, alors une sanction sera prise. »
Par après, le licenciement de Hartman fut annulé par le ministre flamand d’époque Paul Van Grimbergen pour manque de motivation, mais CIPAL a décidé de ne pas en tenir compte. Une plainte pénale de CIPAL contre Hartman pour violation de l’usage du registre national et de la loi sur la vie privée a entre-temps été classée sans suite. L’homme essaye en ce moment de se défendre devant la Cour d’État.

La criminalité triomphe. Si en Belgique on accuse quelqu’un pour des faits douteux, on se fait duper soi-même.

Georges Timmerman
De Morgen, 6.10.2007


- http://www.zoegenot.be/CD-roms-pedocriminels-Onkelinx.html
- http://www.google.be/search?hl=fr&q=Ministre+Onkelinx+Zandvoort&btnG=Recherche+Google&meta=
- http://www.google.fr/search?hl=fr&q=affaire+zandvoort&btnG=Rechercher&meta=
- http://www.google.be/search?hl=fr&q=Gina+Bernaer+Pardaens&btnG=Rechercher&meta=
- http://www.google.be/search?hl=fr&pwst=1&sa=X&oi=spell&resnum=0&ct=result&cd=1&q=Gerrit+Ulrich+Zandvoort&spell=1
- http://www.google.be/search?hl=fr&q=Jacobs+zicot+turnhout&btnG=Rechercher&meta=
- http://www.janettseemann.info/ 1.8.2008: suspended, suspendu
- http://www.lepeededamocles.info/ 1.8.2008: suspended, suspendu
- http://www.droitfondamental.eu/


- http://www.juliemelissa.be/
- http://www.comites-blancs.be/plan.php3

Photos:

- Tony Van Parys, sénateur de la Commission de la Justice (CD&V, Parti chrétien). Il y a quelques temps que le Werkgroep Morkhoven a découvert qu'il n'y a pas de disparus que les documents et les témoignages du dossier de Marcel Vervloesem, l'enquêteur du Werkgroep Morkhoven, mais également 7 cédéroms avec les photos du réseau pédocriminel de Zandvoort que le Werkgroep Morkhoven avait transmit au Roi et que le Roi avait transmit via Tony Van Parys, en ce temps ministre de la justice, au procureur-général Christine Dekkers de la court d'appel d'Anvers. Le Conseil Supérieur de la Justice confirmait les disparitions. Le Werkgroep Morkhoven alors écrit par lettre recommandé (avec avis de reception) au ministre de la justice Vandeurzen (CD&V) et au Roi lui-même. Elle écrivait aussi aux membres de la commission de la justice du sénat. Ni le Roi, ni le ministre de la justice ont répondu. Ils préfèrent anéantir Marcel Vervloesem...

- Le 1 janvier 2005, il y a exactement 25 ans, CIPAL prenait son démarrage. Plus d’un quart de siècle, l’amélioration de l’informatique auprès des administrations locales lui est une préoccupation quotidienne. Cet anniversaire était célébré d’une manière très spéciale.
Dans son discours, le ministre-président flamand Yves Leterme (CD&V) louait les efforts de CIPAL avec l’implementation de l’ e-gouvernement auprès des administrations locales.


Le conseil communal de Herentals a élu Victor V., un illettré qui organisait la cabale contre l'activiste antipédo Marcel Vervloesem du Werkgroep Morkhoven, comme représentant de CIPAL. Victor V. est objet de 30 procès-verbaux ou il est mis en cause d'abus sexuel de mineurs. Le procureur-général Christine Dekkers d'Anvers a reçu la liste de ces procès-verbaux le 24 octobre 2006 mais l'enquête n'a toujours pas débuté.

10:11 Gepost door MI5 in Actualiteit | Permalink | Commentaren (0) | Tags: mafia belge |  Facebook |

De commentaren zijn gesloten.