04-01-08

Entretien avec Anne-Marie Lizin


Entretien avec Anne-Marie Lizin, Présidente du Sénat belge

180406-dewaelLizin





Mme Anne-Marie Lizin est la première femme à présider le Sénat belge. Elle fut auparavant parlementaire européenne et membre de la chambre basse belge. Prenant la parole à l'ouverture du séminaire consacré aux commissions parlementaires sur l'égalité des sexes, qui s'est tenu à La Maison des Parlements, elle a expliqué l'importance des commissions parlementaires sur les questions de genre et la lutte des femmes pour parvenir à la parité.

- Q: Malgré un emploi du temps chargé, vous avez fait escale à Genève…

Anne-Marie Lizin: J'étais particulièrement intéressée par ce séminaire. Tout d'abord, je tiens à féliciter l'UIP pour ses statistiques. Pour la première fois, nous avons des tableaux très utiles avec des chiffres sur les femmes au Parlement et je suggère à toutes les femmes de les utiliser dans leurs pays. Aujourd'hui, nous avons 60 parlements qui ont une commission sur les questions de genre. Cela veut dire que les femmes tentent de travailler ensemble au Parlement et de surmonter les clivages entre les partis politiques. Nous savons tous ce que faire de la politique au niveau local veut dire et il n'est pas facile de surmonter les différences, pourtant il est très important de le faire. Nous constatons une tendance positive en faveur de la création d'un instrument spécial pour l'égalité entre hommes et femmes ou pour améliorer la situation des femmes.

- Q: Les partis politiques doivent-il s'engager davantage dans ce sens?

A.-M. L. : Les partis politiques sont très importants pour la création de ce type de commission. Nous devons insister à tous les niveaux, local et parlementaire, pour que ce travail soit fait et afin que nous puissions aussi montrer que les femmes politiques font quelque chose de différent. Nous pouvons au moins partager un point de vue qui est de dire que l'homme et la femme sont égaux. Au sein de ces commissions parlementaires, les femmes, mais aussi les hommes, peuvent proposer d'aborder des sujets tels que les quotas ou la parité. En Belgique et en France, nous parlons désormais de parité. Elle concernait tout d'abord la participation de candidates femmes sur les listes électorales à tous les niveaux. Et cela n'a pas été facile parce que la parité est un thème sensible dans tous les parlements, mais elle doit être l'objectif à atteindre pour nous tous. Le pouvoir est la question qui est au coeur du Parlement. Les parlements qui le veulent peuvent avoir du pouvoir, tout au moins juste après une élection, au moment où il faut une majorité pour mettre en place un gouvernement. Et les femmes parlementaires qui le veulent peuvent joueur un rôle important. C'est la façon de changer les mentalités d'un pays pour l'avenir.

- Q: Pourquoi est-il important d'avoir plus de femmes au Parlement?

A.-M. L. : Parce qu'elles vont réfléchir et proposer des lois qui iront dans le sens de l'égalité, qui est une façon très importante de faire progresser la société. Prenons les lois contre la violence à l'égard des femmes, mesure novatrice dans les parlements, puisqu'il s'agit de pénaliser la violence à l'égard des femmes et de faire en sorte de sensibiliser, au sein de la police et du ministère de la Justice, sur le fait que l'on ne peut plus laisser la violence conjugale sans suite pénale. C'est une nouveauté en Europe et a fortiori dans les autres Etats. Autres exemples : la lutte contre l'excision et le droit des femmes migrantes dans les pays riches.

- Q: Les traditions peuvent-elles être un frein à l'émancipation des femmes?

A.-M. L. : Dans certains cas elles sont à la base des difficultés et de la justification des différences entre hommes et femmes. Elles sont souvent un instrument de pouvoir pour justifier le fait d'affaiblir les femmes. Les différences culturelles doivent être regardées par les femmes de manière froide. Il faut qu'elles se disent qu'il n'y a plus aujourd'hui, au XXIème siècle, aucun homme qui ne sache pas que sa femme est son égale. Mais certains hommes font semblant de ne pas le savoir, évoquant le fait que Dieu a dit ceci ou cela ou que tel livre a affirmé ceci ou cela ou encore l'usage de telle pratique. Mais ils savent que nous sommes partout leurs égales. Tout cela n'est qu'une façon de retarder le moment où ils devront perdre un peu de leur pouvoir.

- Q: Faut-il travailler plus étroitement avec les chefs coutumiers et religieux?

A.-M. L. : Oui, il faut convaincre tout le monde, y compris les structures traditionnelles, les chefs religieux, les rois et les chefs coutumiers. Il faut les convaincre qu'il est important que les filles sortent de l'analphabétisme. Le rôle des structures religieuses est important car, en Europe il y a quatre siècles et dans une partie du monde aujourd'hui, les structures religieuses ont eu peur de perdre leur mainmise et leur capacité de donner des orientations, qui sont des éléments de foi révélée, donc incontestable à première vue. Il faut pouvoir les contester tout en respectant le choix de chacun. La religion est un choix personnel et ne doit pas être imposée.

- Q: L'Occident a été à la traîne concernant l'ascension des femmes vers le pouvoir. Cela semble changer aujourd'hui avec l'arrivée de Mmes Ségolène Royal, Nancy Pelosi, Hilary Clinton, Angela Merkel et vous-même. Comment l'expliquez-vous?

A.-M. L. : Je ne peux faire qu'une analyse personnelle, mais je crois qu'une société où la majorité des citoyens est plus âgée permet aux femmes qui ont de l'expérience d'exercer le pouvoir. Ce ne sont pas des jeunes femmes de 25 ans qui arrivent au pouvoir, mais des femmes qui ont un parcours, et Mme Pelosi en est un bel exemple. Ce sont des femmes qui savent prendre des décisions dans des situations délicates. Nous avons aujourd'hui des sociétés qui sont mûres pour que les femmes puissent jouer le premier rôle au niveau politique.

Bsalimova le Mer, 2007-03-21

- http://www.ipu.org/news-f/24-4.htm
- http://www.iknowpolitics.org/fr/node/1136


20060117-verhofstadt-bush-3










- http://www.google.be/search?hl=fr&q=Menace+terroriste&btnG=Rechercher&meta=
- http://www.google.be/search?hl=fr&q=Gouvernement+américaine+menace+terroriste&btnG=Rechercher&meta=
- http://www.google.be/search?hl=fr&q=Gouvernement+américaine+menace+terroriste+Belgique&btnG=Rechercher&meta=
- http://www.google.be/search?hl=fr&q=Ambassade+Américaine+menace+terroriste&btnG=Rechercher&meta=
- http://www.google.be/search?hl=fr&q=menace+terroriste+Dewael&btnG=Rechercher&meta=
- http://www.google.be/search?hl=fr&q=menace+terroriste+Lizin&btnG=Rechercher&meta=
- http://www.google.be/search?hl=fr&q=Centres+d%27asile+enfants+Dewael+Lizin&btnG=Rechercher&meta=
- http://www.google.be/search?hl=fr&q=menace+terroriste+Dedecker&btnG=Rechercher&meta=
- http://www.google.be/search?hl=fr&q=Dewael+Lizin+Dedecker+menaces&btnG=Rechercher&meta=
- http://www.google.be/search?hl=fr&q=Lizin+campagne+électorale&btnG=Rechercher&meta=
- http://www.google.be/search?hl=fr&q=menace+terroriste+Dubié&btnG=Rechercher&meta=
- http://www.google.be/search?q=Lizin&hl=fr&start=0&sa=N

- http://www.google.be/search?hl=fr&q=Justice+Interdiction+diffuser+pamphlets&btnG=Rechercher&meta=
- http://www.google.be/search?hl=fr&q=justice+Interdiction+parler+avec+la+presse&btnG=Rechercher&meta=
- http://www.google.be/search?hl=fr&q=+Sanctions+communales+administratives+%28SCA%29&btnG=Recherche+Google&meta=
- http://www.google.be/search?hl=fr&q=Interdiction+rassemblement+droit+d%27expression&btnG=Rechercher&meta=
- http://www.google.be/search?hl=fr&q=+grève+Interdiction&btnG=Recherche+Google&meta=
- http://www.google.be/search?hl=fr&q=Interdiction+fumer&btnG=Rechercher&meta=
- http://www.google.be/search?hl=fr&q=mésures+anti-terreur&btnG=Rechercher&meta=
- http://www.google.be/search?hl=fr&q=Interdiction+d%27expression&btnG=Rechercher&meta=

- http://www.google.be/search?hl=fr&q=Justice+lutte+Vervloesem+Turnhout&btnG=Rechercher&meta=
- http://www.google.be/search?hl=fr&q=Greenpeace+Electrabel+tribunal&btnG=Rechercher&meta=
- http://www.google.be/search?hl=fr&q=proces+Clabecq&btnG=Rechercher&meta=
- http://www.google.be/search?hl=fr&q=Ligue+Arabe+Européenne+tribunal&btnG=Rechercher&meta=

Il est préférable de copier les articles avant qu'ils ne disparaisent

Photos: Patrick Dewael, Ministre de l'intérieur (Open VLD), Anne-Marie Lizin (Parti Socialiste), Bush et Premier Verhofstadt (Open VLD)

13:51 Gepost door MI5 in Algemeen | Permalink | Commentaren (12) |  Facebook |

Commentaren

Naima et Trabelsi portent plainte
Le couple s'en prend à l'État belge. Le détenu a aussi entamé une grève de la faim. Sa compagne, elle, est hospitalisée


BRUXELLES Hier matin, quelques heures avant que le centre de crise et le parquet fédéral annoncent que l'alerte terroriste diminue d'un cran à Bruxelles, Naima, la compagne de Nizar Trabelsi, nous contactait. "Je suis hospitalisée depuis deux jours. Je reste encore à l'Hôpital français de Berchem-Sainte-Agathe pour une semaine", nous annonce celle qui faisait partie des 14 personnes interpellées vendredi 21 décembre dans le cadre de l'enquête sur les projets d'évasion de Nizar Trabelsi, détenu à la prison de Nivelles après avoir été condamné à dix ans de prison pour avoir projeté un attentat sur la base américaine de Kleine-Brogel.
"J'ai eu une crise d'angoisse mardi après avoir vu une poubelle fermée dans le métro Simonis. J'ai vu toutes ces crasses déposées à terre et j'ai donné un coup de pied dans cette poubelle. Je ne supporte plus ces mesures prises sans raison", s'exclame Naima, depuis son lit d'hôpital.
Et cette maman de cinq enfants de nous annoncer qu'elle porte plainte contre X et contre l'État belge. "Mon avocate a été prévenue ce matin. Je porte plainte contre X pour avoir inventé ce soi-disant plan d'évasion et contre l'État belge pour harcèlement notamment. Cette situation est devenue invivable pour mes enfants et moi. Nos réputations sont salies. Mes enfants sont furieux de tout ce qui se dit sur eux. Plus aucun d'entre nous ne supporte cette situation. Nous sommes catalogués terroristes alors que nous n'avons rien fait. Je supplie l'État belge de m'apporter des preuves s'il en existe, de m'arrêter et de me mettre en prison s'ils ont quelque chose à me reprocher, mais mes enfants n'ont rien demandé et ils se retrouvent impliqués dans une telle histoire que je considère montée de toutes pièces", insiste Naima qui nous annonce également que son mari (au plan religieux) Nizar Trabelsi a entamé une grève de la faim ce mercredi. "Il porte également plainte tout comme moi", poursuit-elle.
Notons toutefois que l'alerte terroriste, si elle a diminué d'un cran, reste maintenue à Bruxelles. "On passe du niveau quatre au niveau trois; la notion de gravité reste donc la même, c'est uniquement l'imminence des faits qui est moindre", a précisé hier le directeur du centre de crise, Alain Lefèvre (voir ci-dessus). Le parquet fédéral a refusé tout commentaire quant à la trouvaille ou non d'explosifs lors des perquisitions.
N. Ben.

La Dernière Heure 4/01/2008

Gepost door: Jean | 04-01-08

Soutien à Anne-Marie LIZIN L'association LîDjibouti apporte son soutien au texte de proposition de Loi déposé par Madame LIZIN, Sénatrice Socialiste dont vous pouvez lire le contenu ci-dessous.

Proposition de loi interprétant l’article 1A(2) de la Convention de Genève relative au statut des réfugiés du 28 juillet 1951. (Anne-Marie LIZIN)



1. Exposé des motifs/développements



Les femmes représentent un tiers du nombre total des demandeurs d’asile en Belgique.
Parce que les femmes sont confrontées à des problèmes différents, il faut prévoir une procédure d’asile spécifique tenant compte de ces spécificités.
Cette différence de traitement est justifiée par une différence de situation, et ce afin de respecter le principe d’égalité.
Ainsi, certaines femmes doivent fuir leur pays pour des raisons qui tiennent directement à leur condition de femme. Sont considérées comme causes spécifiques de persécution liées à leur condition de femme : les agressions sexuelles ou autres formes de violence, les discriminations, les punitions et traitements inhumains et humiliants infligés pour violation de lois ou de normes traditionnelles régissant le rôle de la femme dans la société, et de pratiques traditionnelles nuisibles. De telles pratiques entraînent, entre autres, des mutilations génitales, des mariages forcés, des crimes d’honneur ou encore des limitations forcées de grossesse.

La crainte fondée d’être persécutée dépend des circonstances particulières de chaque cas. La persécution peut consister en une forme de persécution liée au sexe.

Une législation peut être considérée comme de la persécution lorsqu’elle repose sur des normes ou des concepts traditionnels ou culturels qui ne correspondent pas aux normes internationales des droits de l’homme. Il faut pouvoir prouver qu’il existe une crainte fondée d’être persécuté sur la base de cette législation. A contrario : si une loi interdit certaines pratiques, comme les mutilations sexuelles, mais qu’elles ne sont pas interdites dans la pratique, cela peut vouloir dire qu’il existe un droit à faire valoir.

Les femmes et les jeunes filles victimes de la traite des être humains peuvent prétendre au statut de réfugiées. La traite des êtres humains peut être considérée comme une forme grave de violence liée au genre. Lorsque l’Etat ne donne pas la protection nécessaire à ces victimes, la traite des êtres humains peut être une forme de persécution.


Des cinq motifs de persécutions cités dans l’article 1A(2) de la Convention de Genève sur les réfugiés, à savoir la race, la religion, la nationalité, l’appartenance à un certain groupe social ou la conviction politique, c’est celui de l’appartenance à un certain groupe social qui est le plus flou de tous.

Selon la loi du 15 septembre 2006 modifiant la loi du 15 décembre 1980 sur l'accès au territoire, le séjour, l'établissement et l'éloignement des étrangers un groupe doit être considéré comme un certain groupe social lorsque, entre autres :
- ses membres partagent une caractéristique innée ou des racines communes qui ne peuvent être modifiées, ou encore une caractéristique ou croyance à ce point essentielle pour l'identité ou la conscience qu'il ne devrait pas être exigé d'une personne qu' elle y renonce,
- ce groupe a une identité propre dans le pays en question parce qu'il est perçu comme étant différent par la société environnante.

Les femmes rentrent donc dans cette définition de « groupe social ».


Tout comme pour d’autres motifs mentionnés dans l’article 1A(2) précité, pour montrer l’existence d’un tel groupe, la demande ne doit pas prouver que tous les membres d’un certain groupe social courent le même risque d’être persécutés.

C’est pour ces raisons qu’il convient de réinterpréter la Convention à la lumière d’un mode de pensée en pleine évolution sur la position et les droits de la femme.





2. Proposition de loi

Article 1 : La présente loi règle une matière visée par l’article 78 de la Constitution.


Article 2 : L’article 1A(2) de la Convention de Genève relative au statut des réfugiés définit le réfugié comme « une personne craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques alors qu’elle se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays (…) ».


Article 3 : Les mutilations génitales, le mariage forcé, les crimes d’honneur, et les limitations forcées de grossesses doivent être inclues dans les persécutions visées par la Convention de Genève relative au statut des réfugiés.


Article 4 : Les femmes doivent être considérées comme groupe social tel qu’entendu dans la même Convention


21-10-2007 AbdoulJak
http://lidjibouti.skynetblogs.be/post/5127280/soutien-a-annemarie-lizin

Gepost door: Claude | 04-01-08

Josy Dubié sceptique sur la réalité d’une menace terroriste Le déclenchement de l'alerte terroriste interpelle pourtant plusieurs sénateurs. Josy Dubié se dit sceptique sur la réalité d’une telle menace terroriste. Aurait-on crié au loup trop vite ? Josy Dubié espère en tout cas que les mesures anti-terroristes prises depuis de nombreux jours n’auront pas le même effet sur les Belges que sur les habitants du village de la célèbre fable « Le garçon qui criait au loup ».

Fustigeant le manque de donnée claires sur les motivations de l’alerte terroriste, le sénateur Ecolo, à l'instar de sa collègue PS Anne-Marie Lizin et de Jean-Marie Dedecker (LDD) la semaine dernière, compte demander une enquête à "un organisme indépendant" sur la réalité de la menace terroriste, selon le quotidien Le Soir de ce matin.

Sur la réalité de la menace, "et surtout, insiste-t-il, sur la nécessité qu'il y avait à prendre des mesures spectaculaires alors que personne ne veut dire quel est l'état réel de la menace ni sur quels éléments objectifs elle se fondait". Selon Josy Dubié, les mises en garde au public ont produit un effet contre-productif. "On a agité le chiffon rouge pour peu de chose, me semble-t-il. Mais lorsque l'alerte sera réelle, plus personne ne croira les mises en garde des autorités", juge-t-il.

Anne-Marie Lizin et Jean-Marie Dedecker ont tous deux réclamé une enquête et un rapport au Comité R dès la semaine dernière sur une possible surévaluation de la menace terroriste. (Voir articles en compléments d’info : « Eclaircissement sur l'alerte terroriste du 21 décembre » et « J-M Dedecker réclame une enquête du Comité R sur la menace terroriste »).


http://www.rtlinfo.be/news/article/77564/--Josy+Dubié,+sceptique+sur+la+réalité+d’une+menace+terroriste,+réclame+une+enquête

Gepost door: Claude | 04-01-08

Sénat de Belgique: Analyse de la lutte contre le terrorisme (12.7.2001) 2-136

Annales

JEUDI 12 JUILLET 2001 - SÉANCE DU MATIN (Suite)

Analyse de la lutte contre le terrorisme : aspects légaux et pratiques policières (Doc. 2-774)

Suite de la discussion

- M. René Thissen (PSC). - Notre parti se réjouit qu'un débat sur la lutte contre le terrorisme ait pu se dérouler au Sénat. En effet, ce sujet revêt souvent un caractère confidentiel et ce, pour des raisons d'efficacité.

Il nous semble important que les chambres législatives aient l'occasion, ne fût-ce que sporadiquement, d'évaluer la pertinence des structures externes sur lesquelles repose cette lutte.

Il ressort des auditions de la commission de l'Intérieur du Sénat qu'une rationalisation des structures de lutte contre le terrorisme s'avère indispensable et tant le rapporteur que Mme Lizin s'y sont employés.

Il convient de tenter d'améliorer autant que possible les structures existantes par la clarification de la répartition des compétences entre les différents intervenants et de la coordination de celles-ci.

Les acteurs suivants sont aujourd'hui associés à la lutte contre le terrorisme : le service Terrorisme et sectes de la police fédérale, le service Terrorisme et ordre public au sein de la police déconcentrée, le groupe interforces antiterroriste ou GIA et, enfin, la Sûreté de l'État et le service de renseignements militaire. Un tel éclatement de compétences ne favorise pas une lutte efficace contre le phénomène terroriste souvent très bien organisé.

Pour ces motifs, nous soutenons pleinement les conclusions de la commission de l'Intérieur du Sénat, notamment quant à la création d'une entité spécialisée dans la lutte contre le terrorisme. Comme l'a indiqué Mme Lizin, nous espérons que ces conclusions de la commission ne resteront pas lettre morte et qu'une mise en oeuvre rapide pourra avoir lieu. Nous reviendrons éventuellement plus tard à cette tribune pour interroger le ministre sur l'avancement des mesures prises.


- Mevrouw Mia De Schamphelaere (CVP). - Natuurlijk is de bestrijding van het terrorisme een belangrijke aangelegenheid. De Senaat komt echter vaak al te snel tot conclusies. Het is merkwaardig dat de problematiek uitsluitend in de commissie voor de Binnenlandse Zaken en voor de Administratieve Aangelegenheden werd besproken. Het justitiële aspect ervan is eveneens belangrijk en had aan bod moeten komen in de commissie voor de Justitie. Kortom het gaat om een interdisciplinaire materie waarover grondig moet worden overlegd alvorens conclusies en aanbevelingen te formuleren.

Bovendien ontbreekt een concrete maatschappelijke analyse van de dreiging van het terrorisme in onze samenleving. We hebben een interessante studiedag bijgewoond, waarop buitenlandse experts waren uitgenodigd. De rapporteur heeft alle vormen van terrorisme over heel de wereld beschreven. Er bestaat evenwel geen enkele analyse van het terrorisme in de eigen samenleving. De politiehervorming is nog maar pas achter de rug. Daarbij hadden we de eventuele belangrijke pijnpunten op het vlak van het terrorisme moeten aanpakken.

Ook voor de georganiseerde criminaliteit, die tijdens de vorige regeerperiode grondig werd onderzocht, moet zeker politieke aandacht blijven bestaan. De georganiseerde criminele bendes betekenen de grootste bedreiging voor onze samenleving. Het optreden van de overheid is op dat vlak van doorslaggevend belang.

De CVP-fractie zal zich bij de stemming over de besluiten onthouden.


- M. Antoine Duquesne, ministre de l'Intérieur. - Je voudrais tout d'abord dire à M. Vandenberghe que je suis venu au Sénat à 11 heures parce que l'on m'a dit que l'on souhaitait que j'y sois présent à cette heure-là ! Je ne force donc aucun débat. Pour être ici à 11 heures, j'ai d'ailleurs dû abandonner mon collègue de la Défense nationale, au sujet de la présentation du défilé du 21 juillet.

Rassurez-vous, ce n'est pas ce petit incident de procédure qui m'a privé partiellement de voix, qui m'empêchera de rendre hommage à M. Wille qui a une nouvelle fois rédigé un rapport aussi excellent qu'utile. Peut-être est-il incomplet, comme le dit Mme De Schamphelaere mais le rapporteur ne peut jamais rapporter que ce qui est dit... sinon il serait un mauvais rapporteur !

Mais Mme De Schamphelaere a raison quand elle dit que l'approche du phénomène du terrorisme mérite une réflexion sérieuse sous l'angle de la justice et qu'il serait utile que la commission de la Justice se livre aussi à une analyse de ce phénomène. Le ministre de la Justice m'a d'ailleurs demandé de vous faire part de certaines réflexions, en son nom.

Il lui semble que le rapport de la commission de l'Intérieur et des Affaires administratives contient en effet des points importants qui méritent réflexion. Ainsi, si l'approche du phénomène terroriste doit être réévaluée, la mise sur pied d'une unité spécialisée en matière de lutte contre le terrorisme rencontre un certain nombre d'objections qui lui paraissent essentielles. Un service analysant spécifiquement la menace terroriste lui semble devoir être institué au sein du ministère de l'Intérieur. Ce service devrait collaborer avec les services de police, de renseignement et de sécurité qui détiennent chacun des compétences spécifiques et incontournables en matière de terrorisme. Seule la combinaison de ces trois piliers permettra d'atteindre un résultat optimal dans la lutte contre le terrorisme.

Mais il faut, parallèlement à l'organisation de la lutte contre le terrorisme, octroyer des moyens performants aux acteurs de la lutte contre cette forme grave de criminalité, notamment en termes de moyens opérationnels. C'est ainsi que selon le ministre de la Justice, l'impossibilité actuelle de recourir aux écoutes de sécurité apparaît comme une lacune importante de la législation belge relative aux services de renseignement et de sécurité.

Avant de me livrer aussi à quelques réflexions générales, je tiens à dire à Mme Lizin que je suis très étonné des propos qu'elle a tenus au sujet de la collaboration entre les services espagnols et les services belges. Je serais heureux qu'elle me communique sa source car je puis l'assurer que tant mes services que moi-même entretenons d'excellentes relations avec le ministre espagnol de l'Intérieur. Je me suis rendu récemment à Madrid et mon homologue espagnol et ses collaborateurs viennent régulièrement à Bruxelles.

De surcroît, je viens de recevoir une délégation parlementaire espagnole composée de membres de la majorité et de l'opposition qui m'a remercié de l'excellence de l'état d'esprit et de la collaboration opérationnelle entre nos deux pays. Pour ma part, je trouve que c'est tout à fait normal. Comme je l'ai dit à Madrid, dès lors que l'on crée une Europe politique, ce qui se passe dans un autre État de l'Union en matière de terrorisme, doit être considéré comme se passant chez nous.

Le rapport élaboré par la commission du Sénat sur l'analyse de « la lutte contre le terrorisme, aspects légaux et pratiques policières » est très intéressant.

La variété, la densité et la richesse des auditions qui y sont reprises en témoignent.

Quant aux conclusions qui découlent assez logiquement du contenu des auditions, elles appellent de ma part plusieurs observations.

Je constate tout d'abord que les sénateurs de la commission de l'Intérieur se posent un certain nombre de questions. Je dois reconnaître que dans une démocratie, la lutte contre le terrorisme est une affaire délicate. Nous avons en effet le privilège de vivre dans un système démocratique avec toutes les garanties qu'il contient quant au respect des droits et des libertés. Chacun conviendra que le terrorisme doit être combattu avec la dernière des énergies, mais dans le respect de l'État de droit. En effet, ce qui nous distingue des terroristes, c'est que jamais nous n'utiliserons les méthodes auxquelles ils peuvent recourir.

Une lutte antiterroriste efficace peut générer certains risques. Il s'agit en effet de concilier deux exigences : d'une part, l'efficience et l'optimalisation de cette lutte, ce qui suppose une certaine discrétion, et, d'autre part, la sauvegarde des droits et libertés individuels. La recherche de cet équilibre est un défi que nous devons relever.

En ce qui concerne le GIA, je souhaite faire remarquer qu'il n'est pas un service policier au sens propre du terme. Il est évident qu'on ne l'a pas perdu de vue lors de la mise en oeuvre de la réforme des polices. Au contraire, lors de la confection toujours en cours de l'organigramme de la police fédérale, j'ai envisagé plusieurs scénarios : au sein de la police fédérale dépendant de l'inspection générale, intégré à la Sûreté de l'État ou encore d'autres hypothèses. On a finalement opté pour le statu quo en attendant une réforme des structures plus importante de l'ensemble des services de renseignement et de sécurité. Les policiers qui faisaient partie du GIA sont restés policiers. Le nouveau statut leur est intégralement applicable.

Ensuite, pour ce qui concerne l'organisation et la structure des services de sécurité et de police, je constate que la commission de l'Intérieur s'interroge et propose de créer à brève échéance une unité spécialisée. Je m'interroge cependant. Si un seul service est spécifiquement et principalement chargé des missions opérationnelles antiterroristes, l'équilibre dont j'ai parlé il y a un instant me paraît difficile à atteindre. Un tel service remplirait en effet à la fois un rôle de service de police, qui comporte un aspect de coercition, et un aspect judiciaire, ainsi qu'un rôle de service de sécurité. Il est donc permis de se demander si une telle confusion des rôles ne comporte pas un risque. Des améliorations sont possibles, par exemple en matière de circulation de l'information, de contrôle de ces services et plus généralement d'efficacité. La concrétisation de la réforme des polices incite le gouvernement à revoir les structures actuelles avec pour objectif principal la mise sur pied d'un service performant capable d'effectuer une analyse intégrée de la menace.

En ce qui concerne le contrôle du GIA, il n'y a aucune inquiétude à avoir. Il dépend directement du ministre de l'Intérieur et du ministre de la Justice. Il est soumis tantôt au contrôle de l'inspection générale, tantôt à celui du comité P et tantôt à celui du comité R. Quand je disais tout à l'heure que nous sommes en train de revoir l'organigramme de la police fédérale, s'il n'a pas encore été accepté, c'est parce que j'ai trouvé que celui qui était proposé était jusqu'à présent insuffisant et insatisfaisant. Le dialogue se poursuit avec le commissaire général et les directeurs généraux. En effet, nous sommes sur le point de concrétiser la première mouture.

Il est cependant vrai qu'il faut, en toute hypothèse, comme l'a dit M. Thissen, à la fois renforcer la coordination de tous ceux qui sont appelés à lutter contre ce phénomène - Mme De Schamphelaere a d'ailleurs raison de dire que la justice joue aussi un rôle essentiel en la matière - mais également mettre au point un instrument d'analyse, notamment dans les situations individuelles pour lesquelles je suis souvent amené à prendre des décisions en me basant sur des éléments d'information disparates avec lesquels je suis prié de me débrouiller.

Nous disposons à présent de techniques d'analyse extrêmement performantes qui doivent également pouvoir s'appliquer en matière de terrorisme, et ce sera l'une de mes préoccupations.

Mme De Schamphelaere a également raison de dire que pour lutter efficacement contre un phénomène criminel - le terrorisme étant à cet égard particulièrement délicat -, il faut avoir une bonne photographie de la situation. Au-delà de l'analyse des cas individuels, un peu au hasard de l'actualité, il faut procéder à une analyse beaucoup plus systématique, non seulement sur le plan national mais également dans le cadre de la coopération internationale.

Par ailleurs, je considère que le ressort du fonctionnement optimal d'un service de lutte antiterroriste se situe au niveau de la coopération internationale et européenne, en particulier.

Le Traité d'Amsterdam permet à la coopération européenne de jouer un rôle en matière de lutte antiterroriste. À Tampere, le terrorisme a été intégré dans l'approche globale de la lutte contre toutes les formes de criminalité. Le Conseil européen s'est engagé à mettre sur pied les équipes d'enquête communes qui se sont révélées les plus efficaces pour attaquer les organisations terroristes à la base.

À ce propos, je rappellerai que dans la perspective de la présidence belge de l'Union européenne d'améliorer la coopération policière opérationnelle, nous estimons qu'il y aura lieu de réexaminer le processus d'information moyennant la mise au point d'un document stratégique sur la menace, un système d'information rapide et l'élaboration d'un document ouvert sur la menace.

Tels sont les quelques éléments dont je voulais vous faire part. Soyez assurés que le rapport des auditions auxquelles vous avez procédé contribuera utilement à l'un des objectifs prioritaires du gouvernement qui est de rendre notre société plus sûre et d'oeuvrer à la réalisation d'un espace de liberté, de sécurité et de justice, ce qui est l'objectif que les chefs d'État et de gouvernement ont exprimé à Tampere.

-La discussion est close.

-Il sera procédé ultérieurement au vote sur les conclusions de la commission de l'Intérieur et des Affaires administratives.


http://www.senate.be/www/?MIval=/publications/viewPubDoc&TID=33612658&LANG=fr

Gepost door: Claude | 04-01-08

Campagne anti-Lizin "On est en état de siège"
Sa. L. P.V.

La Libre Belgique, 17/01/2008

Le Conseil communal de Huy a entendu, comme prévu, le rapport du secrétaire communal sur l'affaire des tracts. Comme prévu, l'opposition n'en a pas cru un mot. La majorité a des allures de forteresse assiégée.
Ambiance des grands soirs, mercredi, au Conseil communal de Huy. Ceux qui s'attendaient à l'affrontement et aux débats enflammés n'ont pas été déçus.

Comme si elle voulait démontrer, comme elle le dit volontiers, qu'elle aime la bagarre, Anne-Marie Lizin est arrivée tout sourire et détendue. Mais un grand classique hutois, l'interdiction des caméras et des appareils photographiques dans la salle du Conseil, a rapidement fait monter la tension.

Des conseillers de l'opposition ont réussi, malgré l'avis négatif de la bourgmestre, a faire voter une motion contre l'exclusion de la presse image. Mais ladite motion, bien sûr, a été rejetée majorité contre opposition, à l'exception toutefois de l'échevine PS de l'Enseignement.

Premier point de l'ordre du jour : l'affaire. Devant la salle comble, le secrétaire communal Michel Borlée a présenté, sans surprise, les conclusions de son rapport interne. Elles n'ont pas changé d'un iota : c'est parce qu'une "erreur" s'est glissée dans les registres de congé que cinq agents communaux, du Service Enseignement de la Ville, ont officiellement milité pour le PS pendant leurs heures de service au cours de la campagne qui a précédé les élections de juin.

L'échevine évincée

C'était la première salve. La deuxième est partie du groupe socialiste du Conseil, au nom duquel Pierre Tilkin - et non le chef du groupe Jean-François Ronveaux - a passé à la moulinette l'échevine Micheline Toussaint, celle-là même qui avait crédibilisé les accusations relatives aux distributions de tracts. "Il est inadmissible de s'en prendre à son propre groupe", a lancé le conseiller à l'endroit de la mandataire dont on a appris que l'Union socialiste communale (USC) avait voté l'éviction de son assemblée dans la soirée de mardi.

L'intéressée n'avait pas été conviée à cette réunion et s'étonne de n'avoir pas pu s'y défendre. "Je reste très calme face à Anne-Marie Lizin. Je connais sa façon d'agir. Je souhaite désormais être entendue par le ministre Courard. D'ici là, j'attends", nous a-t-elle confié.

"La démocratie incendiée"

Et les libéraux, membres de la majorité ? Toujours aussi prudents : "Certains disent que le MR n'est pas mordant, a déclaré le conseiller Luc Mohr. C'est parce qu'il veut attendre que la lumière soit faite, et pas dans la précipitation."

L'opposition Ensemble, bien sûr, ne croit pas une seule seconde que l'affaire puisse être seulement administrative. Joseph George, chef de file, contestant le rapport du secrétaire communal, a lancé : "Après la démocratie blessée et réduite, nous en sommes à une démocratie incendiée."

"Ce rapport, nous a déclaré le conseiller avant la réunion, laisse d'inquiétantes zones d'ombres et de contradictions car il n'interroge que quelques personnes, la partie visible de l'iceberg. De plus, il a été réalisé par le secrétaire communal, à la fois juge et partie dans cette affaire. Nous exigeons une commission communale d'enquête pluraliste pour réétudier le dossier". Et de tirer à boulets rouges sur celle qu'on affuble du surnom de "Madame-Sans-Gêne" : "Anne-Marie Lizin a mis la Ville de Huy en état de siège. L'image de notre Ville et la confiance de la population sont ébranlées. Elle ne donne aucune réponse, si ce n'est la violence. Un comportement qui n'est pas digne d'une chef politique. C'est la cinquième fois que nous nous retrouvons dans la situation de ce soir, où elle a outrepassé ses droits. Le ring à Huy, les licenciements du personnel, la consultation populaire des Récollets, la lettre au magistrat, les dossiers s'empilent, sans que rien ne change."

Alors que l'étau se resserre autour de la bourgmestre socialiste, celle-ci a campé, plus que jamais, sur ses positions. "Jusqu'au bout, je défendrai le personnel et son droit à son honneur", a-t-elle lancé. La majorité a néanmoins accepté le principe d'une enquête "pluraliste", mais avec l'aval du ministre Courard.

et

Gepost door: Claude | 17-01-08

Campagne anti-Lizin Ah ! Anne-Marie... "Elle est un parti à elle seule !"
V.d.W.

La Libre Belgique
17/01/2008

Au PS, on loue son énergie, son dynamisme, son carnet d'adresses. On lui reproche une autorité sans partage.
Ah ! Anne-Marie..." Chez les socialistes, qu'ils soient militants, barons, parlementaires ou ministres, tout le monde a la même réaction quand on évoque le cas de la sénatrice bourgmestre de Huy. "Un phénomène...", "Une femme remarquable, mais...", "Un despote pas toujours éclairé..." ou carrément : "Elle n'est pas socialiste : Anne-Marie, c'est un parti à elle toute seule..."

Il y a tout d'abord les envieux : son carnet d'adresses, dit un ancien collaborateur, est sans doute le meilleur de tous les agendas politiques... de Belgique. Exagéré ? Pas du tout ! Elle connaît tout le monde, de Huy à l'Onu. Qui faisait la bise à Yasser Arafat ? Anne-Marie... Qui a réussi à obtenir un tête-à-tête avec Kadhafi lors de sa dernière visite à Paris ? Anne-Marie... Qui obtient toutes les autorisations pour visiter la prison de Guantanamo ? Anne-Marie... Qui accueille le Dalaï-lama, chaque fois qu'il vient en Belgique ? Anne-Marie... Anne-Marie... Anne-Marie.

Sur le plan local, on reconnaît une certaine gestion éclairée : elle a fait de la petite ville de Huy un centre commercial reconnu, le vrai carrefour commerçant de la Hesbaye et du Condroz. Huy, c'est la vraie fille de Meuse qui, par ses activités touristiques, culturelles, sportives peut parfois rivaliser avec ses deux voisines : Liège et Namur. Sous le règne d'Anne-Marie, la cité mosane a gagné en dynamisme, en perspective, en rénovation... Grâce, ajoutent ses détracteurs, à la manne nucléaire que rapportent les centrales de Tihange. "Un dictateur en jupon", cinglent ses opposants. "Facile, corrige un ami : pourquoi les Hutois continuent-ils à l'élire ?"

Mais il y a évidemment des "mais". A la pelle : quand on ouvre le robinet de critiques, impossible de l'arrêter. Et dans la même phrase, ses contempteurs se lâchent et citent : l'affaire des faux passeports, la lettre au juge... Autant de dérapages dictés, dit son entourage, par "un coeur gros comme ça". Mais à d'autres moments, il s'agit de purs caprices lorsqu'elle impose, dans sa ville, des choix immobiliers ou de mobilité douteux (le parc des Récollets ou la modification des sens giratoires). Quand elle a une idée, elle fonce. Malheur à celui qui ose lui barrer la route.

Malgré ses foucades, ses excès, ses côtés "too much", le PS la défend. Dans cette dernière affaire, la faute, dit-on, ne serait pas avérée. Anne-Marie Lizin est venue plaider sa cause auprès du président Elio Di Rupo : elle semble l'avoir convaincu de sa bonne foi. Mais avant de se prononcer, il attend les conclusions de l'enquête de la tutelle régionale.

De toute façon, pas question au PS d'élever cette nouvelle affaire Lizin au rang des problèmes de Charleroi. Il s'agirait, ici, d'un pur problème local, d'un "crêpage de chignon" entre Anne-Marie Lizin et son échevine Micheline Toussaint, qui avait promis de céder sa place à mi-mandat et ne le veut plus. Du coup, l'échevine a été exclue du comité exécutif de l'Union socialiste communale. Du linge sale exposé aux fenêtres de la ville.

Gepost door: Claude | 17-01-08

La 'Libre' Belgique Etat de droit: tout le monde est poursuivi...

Gepost door: Jean-Marie | 17-01-08

Campagne anti-Lizin La mayoresse qui aimait la castagne
Paul Vaute

La 'Libre' Belgique, 17/01/2008

Depuis un quart de siècle, Anne-Marie Lizin gère la Ville de Huy d'une poigne de fer. Efficace ? Oui. Mais elle voit rouge dès qu'on lui parle de concertation ou d'opposition.
portrait

C'est le jour de la traditionnelle réception de Nouvel An du personnel communal de Huy. La première dame de la ville a traversé sans mot dire la haie des micros et caméras, attirés par la nouvelle tourmente locale. Devant l'assistance nombreuse, elle adresse ses remerciements aux employés qui, dit-elle, n'ont pas toujours travaillé dans des conditions idéales. "C'est aussi, un peu, à cause de moi. Vous êtes fantastiques !"

Pour le meilleur et pour le pire, Anne-Marie Lizin est la composante la plus spectaculaire de l'identité collective hutoise. C'est en 1983 - il y a un quart de siècle - qu'elle a fait son entrée à l'hôtel de Ville. Elle n'en fut jamais dégommée mais elle doit, depuis les dernières communales, composer avec le MR.

Les "cadavres" du budgetEn 1983, elle a 34 ans, une licence en sciences économiques, une expérience de chercheur au FNRS ainsi qu'un curriculum brillant dans les départements ministériels socialistes et le sillage d'Henri Simonet. Elle s'est fait connaître par la politique communale et aussi dans la mouvance féministe.

L'euphorie de la victoire électorale est de courte durée. En ceignant l'écharpe, la nouvelle maîtresse des lieux trouve un mali financier de 70 millions. Ce qu'on appelle des "cadavres"... Prenant le taureau par les cornes, elle opère le redressement avec brio. A la fin de son premier mandat, le déficit n'est plus qu'un mauvais souvenir. Sur les plans économique, commercial, touristique, le bilan n'est pas moins flatteur. Les entreprises ont poussé comme des champignons dans le zoning artisanal proche de la centrale de Tihange. La célébration du millénaire de la ville a renforcé son rayonnement. Un pôle sportif véritable s'est constitué. L'îlot du Pont et la place Saint-Séverin ont été aménagés.

Revers de la médaille : l'exercice immodéré, dès cette époque, d'un pouvoir personnel qui traite l'opposition avec le mépris le plus complet... et ne tient guère plus compte des avis qui s'expriment dans les rangs du PS. Ce style cassant, aggravé par un goût marqué pour la vexation, coûte à la première dame de Huy deux de ses échevins. Début d'une longue tradition de frondes internes...

Cette époque est aussi celle de la rocambolesque expédition algérienne (début 1986), pour y récupérer trois adolescents enlevés à leur mère belge. Celle qui est aussi député européen a fait confectionner des faux passeports par ses propres services communaux. Elle devient, pour ne plus jamais cesser de l'être, une personnalité controversée.

Ambivalence des sentiments

Entre Anne-Marie et les Hutois, il y a une histoire d'amour-haine, ou en tout cas une grande ambivalence des sentiments. Les mêmes concitoyens qui pétitionnent contre son projet pour le parc des Récollets peuvent voter pour elle aux élections suivantes. Il en est peu, parmi les gens les plus en vue dans la Cité du Rondia, qui n'aient eu un jour une prise de bec avec la mayoresse. Mais on se rabiboche bien vite. "J'ai des discussions vives avec elle, mais on se respecte", explique l'abbé Michel Teheux, curé de la paroisse Saint-Pierre-en-Outremeuse de Huy, programmateur des fêtes Septennales.

Quand on appelle sur son GSM l'ancienne secrétaire d'Etat à l'Europe, membre encore de quantité de commissions et organismes internationaux, on ne s'étonne pas de l'entendre répondre qu'elle se trouve sur le tarmac de l'aéroport de Tachkent ou à la session finale du congrès des femmes du Nord-Cameroun. Mais on aurait bien tort de croire qu'à Huy, les souris dansent quand le chat n'est pas là. Car Anne-Marie voit tout, contrôle tout, supervise tout. Big Sister ne veut pas que quoi que ce soit lui échappe. Cette omniprésence n'a pourtant pas suffi à empêcher que le climat se dégrade, que le collège prenne de plus en plus des allures de cour du roi Pétaud et que les conseils communaux houleux, avec échanges de noms d'oiseaux à la clé, soient monnaie courante. La "pasionaria hutoise" ne mesure pas à quel point elle choque, y compris dans son parti, en mettant au panier les résultats de la consultation populaire sur les Récollets. Elle ne craint nullement les effets d'une atmosphère délétère pour sa ville. "Tous les combats sont intéressants et gais, nous dit-elle alors. Je ne regarde pas les opposants. Je travaille avec les gens qui veulent construire Huy."

Rien d'étonnant, dans ces conditions, s'il lui prend régulièrement des envies de "turnover" parmi les personnes qui dépendent d'elle. Il lui faut des petits nouveaux qui lui doivent tout et n'osent pas lui tenir tête. Ce jeunisme opportuniste serait à l'origine du choc frontal avec l'échevine Micheline Toussaint, une "amie-ennemie de trente ans", socialiste très BCBG, qui ne s'est jamais laissée impressionner par la gouaille populo de la patronne.

Et pourtant... S'en tenir à l'inventaire des griefs serait s'exposer à ne rien comprendre au phénomène Lizin. Sa pérennité politique serait inexplicable si elle n'avait pas de sérieux atouts. Un des premiers est sans doute sa capacité d'oubli. "Il lui arrive d'exploser, mais elle n'est pas rancunière", assure un très proche. Vous la détestez ? Mais voyez comme elle revient vers vous, si attachante, si haute en couleur, si dynamique, si touchante, si sincère...

Autre force : sa disponibilité et son accessibilité. Dans son très sobre bureau de bourgmestre, à droite en entrant à l'hôtel de Ville, cela défile non-stop, même le samedi. Et si on vient la voir, ce n'est pas pour des questions de voirie. La plupart du temps, c'est parce que le gamin n'a pas d'emploi, parce qu'on cherche un logement... ou pour des questions de garde d'enfants.

Ses gaffes, ses imprudences, ses illégalités partent souvent d'un mouvement du coeur, même s'il s'y ajoute une forte dose de sens de la publicité. Jusqu'à présent, elle a toujours su rebondir. En ira-t-il de même cette fois-ci ?

Gepost door: Jean-Marie | 17-01-08

Campagne anti-Lizin - La 'Libre' Belgique Patrick Remacle enquête sur Lizin depuis 2001
Pierre-François Lovens

La Libre Belgique, 17/01/2008

Le "journaliste haineux" dénoncé par Anne-Marie Lizin est une référence du reportage "made in RTBF". Un journaliste qui a toujours fui l'avant-scène.
Bon vivant, attaché à sa commune de Marchin, sympathique (si, si Mme Lizin...), franc et loyal, Patrick Remacle est avant tout journaliste. "Il a ça dans le sang ! C'est un passionné de journalisme", confie un de ses confrères qui connaît bien la vie politique hutoise et la rigueur journalistique de M. Remacle. Ses terrains de prédilection ? Le grand reportage et l'investigation au long cours.

D'aucuns, au sein de la RTBF (où il oeuvre depuis 1988) et à l'extérieur, louent la qualité de son travail. Ce n'est pas pour rien que, depuis plus de quinze ans, il enseigne les "techniques de reportage" à l'Ihecs, à Bruxelles. A Reyers, Patrick Remacle a participé à quelques-uns des plus beaux fleurons de la maison : "Au nom de la loi", "L'Hebdo", "Actuel". Tchétchénie, ex-Yougoslavie, Afghanistan,... Ses reportages, sur les fronts les plus délicats, lui ont valu plusieurs prix internationaux de journalisme.

Adepte de la discrétion, Patrick Remacle n'est pas franchement ravi de voir son nom propulsé au-devant de la scène médiatique. "Je déteste ça. Mais bon, j'assume car je me sens droit dans mes bottes", nous expliquait-il hier, quelques heures avant de se rendre au conseil communal de Huy avec une équipe de tournage. Non pas pour provoquer, mais pour faire son boulot et donner une suite à son enquête sur la "dame de fer" de Huy. Accusé par la bourgmestre socialiste d'être "haineux", "mensonger" et "manipulateur", le journaliste de la chaîne publique réagit avec calme : "Ceux qui me connaissent savent que la haine est un sentiment qui ne m'habite pas et que je ne suis pas anti-socialiste. Madame Lizin se trompe."

Histoire d'une législature

Grand reporter, Patrick Remacle a aussi pris le temps d'investiguer sur les terres hutoises. Son projet : dresser l'histoire d'une législature communale (2000-2006) à travers la figure d'Anne-Marie Lizin. Les premiers tournages remontent au 3 janvier 2001, date de l'installation du collège socialiste de Huy. Durant six ans, il nourrira inlassablement son enquête.

Le reportage, d'une durée de 52 minutes, est actuellement en cours de finalisation. "Nous le diffuserons prochainement. C'est du bon travail", souligne Yves Bigot, directeur des antennes. Yves Thiran, directeur de l'Information et de l'Ethique, confirme. Il dit toutefois vouloir prendre connaissance de la teneur de l'assignation annoncée par Anne-Marie Lizin avant de donner un feu vert définitif.

Gepost door: Jean-Marie | 17-01-08

Campagne anti-Lizin - La 'Libre' Belgique L'enquête administrative à huitaine
P.P.

La Libre Belgique, 17/01/2008

Les fonctionnaires wallons chargés d'enquêter iront à Huy la semaine prochaine.
Confirmation, mercredi, au Parlement wallon : l'administration régionale des pouvoirs locaux va enquêter à Huy. Ses agents entendront les différents protagonistes, notamment le collège communal, les fonctionnaires demandeurs, le secrétaire communal et l'opposition ("Ensemble"). "Ce sera le moment ou jamais pour les acteurs de ce dossier d'exposer leur lecture des événements, de confier leurs griefs et de fournir tous les documents qui permettront d'établir la vérité." Ainsi dit le ministre qui dispose du pouvoir disciplinaire, Philippe Courard (PS). Ajoutant : "Les choses iront relativement vite. Dans un petit mois, on pourra trancher."

Le ministre qu'il est veut "rester au-dessus de la mêlée : je ne suis pas un redresseur de torts; il est indispensable que quelqu'un puisse se concentrer sur les faits et rien que sur les faits". Mais le socialiste qu'il est aussi ne veut pas être suspecté d'indulgence : "Je ne peux m'empêcher de faire certaines considérations personnelles" : 1° On ne peut certes empêcher des fonctionnaires d'avoir une action politique, mais "il est inconcevable de mélanger ses activités professionnelles et politiques". 2° Plus grave : "Il serait inadmissible qu'un mandataire politique fasse pression sur son personnel pour le contraindre de s'engager à ses côtés."

Le sauvetage du MR

Auparavant, Anne-Marie Lizin s'était fait solidement sonner les cloches - pour autant que le son lui soit accessible... Michel de Lamotte (CDH) a parlé d'une "image déplorable"; Monika Dethier (Ecolo) a relevé qu'une fois de plus se pose à Huy "la problématique de la démocratie et de l'éthique"; Véronique Cornet (MR) a relevé des informations et "un mépris, du cynisme, des injures" qui laissent "pantois".

Un MR dans une situation passablement embarrassante. Dans un brouhaha bruyant, de Lamotte a jugé son "silence assourdissant", ne se privant pas de leur rappeler : "Vous avez sauvé Anne-Marie Lizin en 2006" - puisque les réformateurs ont préféré pactiser avec la bourgmestre, qui avait perdu sa majorité absolue, plutôt que de la reléguer dans l'opposition.

Gepost door: Jean-Marie | 17-01-08

Campagne anti-Lizin - La 'Libre' Belgique "On fait notre travail, tout notre travail"
R.P.

La Libre Belgique, 17/01/2008

Moins flingueuse à Huy qu'à Charleroi, la justice ? Il ne faut pas tout comparer.
L'exemple de Charleroi, où la justice a lancé des enquêtes et a également embrayé sur des rebondissements politico-médiatiques dans les "affaires" carolos, sert de base ci et là pour évoquer la justice de Huy. Laquelle paraît moins visible à certains, qui se demandent si le contexte très local et politique des choses ne l'inhibe pas.

Mais les faits et les situations sont-ils comparables ? Sans doute non. A moins bien sûr que des lièvres encore cachés sortent de quelque chapeau, on est loin à Huy des pratiques de certains élus de Charleroi. Pas de travaux "publics" chez des particuliers, pas de triples notes de restaurant le même jour, pas de chaudière payée par l'impôt pour une somptueuse villa du Sud...

De plus, on fait moins vite une enquête judiciaire avec des erreurs qui passent pour administratives qu'avec un bon gros détournement. D'ailleurs, si le dossier du "Corso" (lire par ailleurs) n'a rien donné au plan judiciaire, on se souvient quand même que c'est par une vague de perquisitions au Centre hospitalier régional que le "nouveau scandale" hutois a démarré, en octobre dernier. Difficile donc de dire que la justice hutoise jouerait les autruches.

"Non, le contexte n'est pas difficile pour nous", nous déclarait mercredi le procureur du Roi de Huy, Pierre Romijn, "on fait tout simplement notre travail. Certains dossiers sont à l'instruction ou à l'information, s'agissant de dysfonctionnements qui ont des aspects pénaux. Dois-je rappeler que nous venons encore d'ouvrir spontanément une information judiciaire sur une affaire de titres-services" qui touche aux pouvoirs publics, demande le procureur.

Mais, dans l'affaire des tracts, "je ne peux pas ouvrir un dossier sur la base d'un punching-ball médiatique et je ne veux pas sombrer à tout prix dans la judiciarisation de problèmes politiques". Il ne faut pas s'y tromper : l'absence actuelle d'éléments déclenchants ne gèle pas la situation. Et la justice pourrait embrayer sur le sujet : "Si l'enquête des services du ministre Courard, qui est indubitablement compétent, montre qu'il y a place pour une vision pénale des choses, il nous le dénoncera. Et alors..." Et alors, enquête et devoirs judiciaires, comprend-on. "C'est peut-être attentiste, mais sans éléments judiciaires...", concède M. Romijn. Qui "s'offusquerait vraiment" qu'on mette son parquet en cause.

Gepost door: Jean-Marie | 17-01-08

Chère Madame Lizin Bruxelles, 17.1.2008

Chère Madame Lizin,

La campagne de média dans le but de vous nuire est scandaleuze et vous avez tout notre soutien.

Jan Boeykens
Président de l'asbl Werkgroep Morkhoven

Asbl Werkgroep Morkhoven
Rue Faider 10
1060 Saint-Gilles

Gepost door: Werkgroep Morkhoven | 17-01-08

De commentaren zijn gesloten.